Poemes et dessins disponibles en livre ici :

Mon pays
Répéter cette figure monotone
Parler du désir discontinu
Dépouillement de flammes
Trois bémols pour les égarer
Disparition
Séduire de nouveau la figure
De fausses images
Compliquer l’ombre, dédale uni
Murs trop loin
Géométrie détruite
Comme un homme,
ayant peur qu’on te voie
comme un homme,
le premier
mon âme après mon corps
ou bien mon âme ?
Errer
Elle plonge par là
Son âme aux nuages
Visage rose endeuillé
Charmante
Sa langue
Un muet volubile
En troupe débile
Ses dents déchirent l’orage
La nuit violerait une étoile
S’ouvrent, sur mes plis, les soupirs
Et ce trouble de grâce
Est bégaillé par les humains
Mais, pantelant de nuit
Dolent, captif,
Voracement lascif
Le lit est dépourvu,
D’une injure sèche, je dis :
Laisse-moi.
La scandaleuse
La scandaleuse, sur un divan,
Regarde sans fin des films d’extrême urgence
Le caractère supposé de cette femme fascine
On envoie vers l’insolente
Très vite d’une petite écriture
Les mensonges des personnages solides inspirés d’idées.
Echapper
Sans recours
A leur suprême palais du pêcher
Vomir
Nul cri
Son feu fléchit
Le visage livide
L’œil, le corps
Le débile désir
Que la chair implore
La prostituée
Des années encore
La prostituée, la vraie.
Voix et gestes accouchent aux attaques du langage tentaculaire
L’extrême barbarie
Une petite personne endormie traque sa propre musique
En images et en femmes en habits.
Son goût d’alvéoles pour la puissance
La tour du son.
Ma maîtresse
Il a annoncé vouloir le dernier visage
Danseuse, elle triomphera
Même aux menaces d’un aveugle
Délire d’érotisme.
Féminin pleurant des formes
Fesses et seins
Naissances de corps aveugles
Mort certaine
Caresser une scène
Jouissance définitive.
Souviens-toi
Nymphes, ces petits tas de robes
A la lumière du tableau, un massacre
La peau de la main déjà dévoilée
A la toison de ces matières brillantes
Pas à pas
La jambe sur la lame du costume
Connaît l’objet par cette peur
Orphelins
Les deux acteurs
Ne se ressentent
Ni l’un ni l’autre
Devant le miroir singulier de la voix
La joyeuse suicidée
On ne comprend pas
On dessine
On est là
On ne le voit pas
Inutile de chercher l’anecdotique
Il échappe
Il est le même
La peinture n’a rien pour voir
Le tableau en entier.
Emporte moi
La tête
Lui, seul, il brûle les solitaires
Le rouge
Une femme s’évanouit d’œils timides.
Il a dit « oui », interdit,
Elle a dit qu’elle, sans s’arrêter
Les yeux
Lumière artificielle en mal de corps
Femme
avant de s’être donnée
Histoire de n’avoir l’air d’amour,
Comme lui.
Ses lèvres s’étirent :
« c’est moi »
celle-là, amère, s’obstine
sa main ne décolle pas
ses yeux bleus font les cent pas, de rien.
Homme
Complice en matière d’odeur
On peut penser
Essayant
La gorge nouée
Penser et songer :
-« c’est moi ».
Enfances somnolez !
Là, éternel,
Un lieu traversé, comme aimé,
Surgit d’enfants vivants
Les mains bordées d’aubépines
Fusent en pierres pareilles
Visages rares
Souffle les cordes
Blanc,
Le rideau traverse la saison tendre
La musique l’éclipse
Illusion de femmes trop hautes
Maîtres neigeux
Le vent flotte avec transparence
Une lumière voûte leurs cheveux
Ces espaces meurent ensevelis.











