2008. Strangers and lovers

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Mon pays
Répéter cette figure monotone
Parler du désir discontinu
Dépouillement de flammes
Trois bémols pour les égarer
Disparition

Séduire de nouveau la figure
De fausses images
Compliquer l’ombre, dédale uni
Murs trop loin
Géométrie détruite

  
Comme un homme,
ayant peur qu’on te voie

comme un homme,
le premier

mon âme après mon corps
ou bien mon âme ?


Errer 

Elle plonge par là
Son âme aux nuages

Visage rose endeuillé
Charmante

Sa langue
Un muet volubile
En troupe débile

Ses dents déchirent l’orage



La nuit violerait une étoile
S’ouvrent, sur mes plis, les soupirs
Et ce trouble de grâce
Est bégaillé par les humains

Mais, pantelant de nuit
Dolent, captif,
Voracement lascif
Le lit est dépourvu,

D’une injure sèche, je dis :
Laisse-moi.

 
La scandaleuse
 
La scandaleuse, sur un divan,
Regarde sans fin des films d’extrême urgence
Le caractère supposé de cette femme fascine

On envoie vers l’insolente
Très vite d’une petite écriture
Les mensonges des personnages solides inspirés d’idées.


Echapper
Sans recours
A leur suprême palais du pêcher

Vomir

Nul cri

Son feu fléchit
Le visage livide
L’œil, le corps

Le débile désir
Que la chair implore


La prostituée

Des années encore
La prostituée, la vraie.
Voix et gestes accouchent aux attaques du langage tentaculaire

L’extrême barbarie

Une petite personne endormie traque sa propre musique
En images et en femmes en habits.

Son goût d’alvéoles pour la puissance
La tour du son.


  Ma maîtresse

Il a annoncé vouloir le dernier visage
Danseuse, elle triomphera
Même aux menaces d’un aveugle
Délire d’érotisme.
Féminin pleurant des formes
Fesses et seins
Naissances de corps aveugles
Mort certaine
Caresser une scène
Jouissance définitive.


Souviens-toi

Nymphes, ces petits tas de robes
A la lumière du tableau, un massacre

La peau de la main déjà dévoilée
A la toison de ces matières brillantes

Pas à pas
La jambe sur la lame du costume
Connaît l’objet par cette peur



Orphelins

Les deux acteurs
Ne se ressentent
Ni l’un ni l’autre
Devant le miroir singulier de la voix


La joyeuse suicidée

On ne comprend pas
On dessine
On est là
On ne le voit pas

Inutile de chercher l’anecdotique
Il échappe
Il est le même

La peinture n’a rien pour voir
Le tableau en entier.


Emporte moi

La tête
Lui, seul, il brûle les solitaires

Le rouge
Une femme s’évanouit d’œils timides.

Il a dit « oui », interdit,
Elle a dit qu’elle, sans s’arrêter

Les yeux
Lumière artificielle en mal de corps

Femme
avant de s’être donnée
Histoire de n’avoir l’air d’amour,
Comme lui.

Ses lèvres s’étirent :
« c’est moi »

celle-là, amère, s’obstine
sa main ne décolle pas
ses yeux bleus font les cent pas, de rien.

Homme
Complice en matière d’odeur

On peut penser
Essayant
La gorge nouée
Penser et songer :

-« c’est moi ».


Enfances somnolez !

Là, éternel,
Un lieu traversé, comme aimé,
Surgit d’enfants vivants
Les mains bordées d’aubépines
Fusent en pierres pareilles

Visages rares
Souffle les cordes
Blanc,
Le rideau traverse la saison tendre
La musique l’éclipse

Illusion de femmes trop hautes

Maîtres neigeux

Le vent flotte avec transparence
Une lumière voûte leurs cheveux

Ces espaces meurent ensevelis.